illustrations pour des mots et des maux, dessin, décors, dérision, des raisons de devenir...
Puis c'est l'aventure,
au milieu de la forêt sauvage,
avec les conversations des oiseaux de la nuit...
Les oiseaux que je dérange un peu...
Jusque là tout va bien...
Puis la lueur de la lampe de poche
se fait toute faiblotte...
Les oiseaux se taisent
pour laisser la neige tomber des arbres...
Parce-que c'est la neige qui tombe des arbres
qui fait se bruit étrange, c'est sûr !
...

Puis l'esprit fertile vagabonde...
Qui dit forêt protégée dit animaux protégés,
donc présents !
Et si le nounours venait de faire un cauchemar
et sortait de sa caverne avec le teint brouillé,
hein ?
S'il sortait de son hibernation
avec le ventre creux
et la colère contre la lueur faiblotte
de ma lampe de poche, hein?
Bien,
il m'arracherait sûrement la tête
pour m'apprendre à vivre
en parfaite harmonie
avec son environnement hostile !
Et les loups féroces
et les renards perfides
avec leurs yeux injectés de sang, hein ?
Et les sangliers armés de défenses
tranchantes comme des lames de rasoir,
ces centaines de sangliers affamés,
en manque de glands ?
Et les milliers d'araignées en pénurie d'insectes ?
Et les lapins-garous nyctalopes ?
Et les psychopathes égarés par la douleur ?
...Et bien,
il me sauteraient tous dessus
pour mettre ma frêle enveloppe charnelle
en charpie, tiens !
Et ce n'est pas à coups de lampe de poche,
ni à coups d'appareil photo numérique
sur le museau,
que j'arriverais à m'en sortir sans dommage...
C'est alors que je décidais
de faire sagement demi-tour...
Lentement,
sans faire de geste brusque,
me fondant dans la nuit mystérieuse...
Avançant nonchalamment,
avec mon fardeau d'idées saugrenues dans la tête...
Puis arrivée à l'abri,
c'est avec un air évasif et détaché
que j'ai répondu :
" C'est beau la forêt la nuit quand même..."
à la question :
" Ca va ? "
Hum...
J'y retourne dès que je peux,
mais avec un bâton solide et pointu,
des allumettes, un projecteur,
un sac de piles,
et des raquettes aux pieds,
pour courir,
on ne sait jamais !
